L'ombre et le voleur2

docker
1 minute, 36 seconds

La nuit était claire. À travers la vitre de la chambre 133, on pouvait voir le faible éclairage nocturne de la rue principale. La pluie s'abattait lentement, faible et silencieuse. Sans les traces laissées sur les vitres, il aurait été difficile, même pour un œil averti, d'affirmer qu'il pleuvait.

La chambre était modeste à l'opposé des somptueuses suites situées au dernier étage de l'Hôtel Hospik. Cependant, elle possédait le nécessaire pour qui souhaite profiter d'un séjour à moindre coût. On pouvait y trouver, une petite entrée permettant d'y entreposer veste et chaussure, avant d'enfiler de chaudes pantoufles au nom de l'hôtel. Une fois les pieds bien au chaud, on pouvait entrer dans une chambre, ni trop grande, ni trop petite, où se trouvait un lit double, une armoire et un bureau en bois rattacher au lit. Enfin, une porte discrète cachait une petite salle de bain qui offrait tout le confort nécessaire pour prendre soin de soi.

Gilt, comme à son habitude, était assis au bureau. Éclairé seulement d'une bougie, il tenait sa plume de sa main droite. Le vacillement de la bougie permettait de savoir qu'il ne s'agissait nullement d'un arrêt sur image. Non, Gilt, était en pleine réflexion, lui qui arrivait à la fin de son histoire, on pouvait presque entendre l'agitation de sa réflexion.

Mais en y prêtant bien attention, on pouvait ressentir la frustration, la colère et l'impatience dont était remplie cette ombre mystérieuse. Gilt qui était alerte comprit qu'il n'aurait que peu d'occasions pour retourner cette situation qui lui était pour l'instant défavorable. Alors que l'ombre s'apprêtait à parler de nouveau pour invectiver Gilt, celui-ci se retourna d'un geste rapide et sans hésitation se saisit d'une minuscule lame, pointue et tranchante, attachée à sa cuisse. La lame fendit l'air pour toucher son objectif et l'ombre, dans un réflexe qui paraissait inhumain, esquiva de justesse le projectile qui vint s'enfoncer dans le portant de la fenêtre.